Violences à Dijon : Le président Tchétchène parle « d’actes corrects »

Le président tchétchène, Ramzan Kadyrov, s’est exprimé samedi au sujet des affrontements du 12 au 16 juin, à Dijon, entre Tchétchènes et Maghrébins. Photo : Alexey NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP.

 

Après les scènes de guérilla urbaine entre des communautés arabes et tchétchènes, le président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, s’est fendu d’un soutien public à ses compatriotes. Une ingérence étrangère inédite dans un inquiétant conflit communautaire…

 

« Je pense que les actes des Tchétchènes ont été corrects ! » a déclaré samedi le sulfureux et très controversé président de la république autonome russe, depuis son compte Telegram. Le soutien et proche de Vladimir Poutine s’est exprimé sur les évènements, donnant son « opinion personnelle » et déclarant : « les autorités locales n’ont pas pu mettre de l’ordre elles-mêmes. » Une ingérence, rompant avec toute forme de diplomatie, qui n’a pas encore suscité de réaction de nos responsables politiques. 

Le commentaire du chef d’Etat tchétchène sur les violents évènements de Dijon s’ajoutent aux nombreuses réactions politiques. Mais face aux « corrects » ressortissants tchétchènes, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, préfère lui parler de « hordes de sauvages (…) qui ne resteront pas impunis ». Parmi les cinq seules interpellations qui ont eu lieu jeudi, trois sont de nationalité russe. Inculpés pour « tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs », les jeunes tchétchènes ont donc pu recevoir le soutien de leur lointain président. 

Le député de la France Insoumise, Adrien Quatennens, a quant à lui déclaré que si ces jeunes n’étaient pas de nationalité française, ils « n’avaient rien à faire en France ».

 

Une ingérence étrangère dans un fait divers local

Du 12 au 16 juin, à Dijon, plusieurs jeunes arabes et tchétchènes cagoulés et lourdement armés se sont provoqués et battus. Une expédition punitive de plus de 500 voitures de Tchétchènes venus de tout l’Est de la France se venger d’une altercation entre des jeunes des deux communautés. Des rassemblements violents, sans intervention policière, laissant au quartier des Grésilles de Dijon la nouvelle réputation d’être une zone de « non-droit ». Beaucoup, sur place, dénoncent le « laxisme » voire « l’abandon » du quartier de la capitale bourguignonne par les autorités.

C’est, d’ailleurs, ce que n’a pas manqué de souligner Kadyrov, le président tchétchène, lorsqu’il s’est exprimé hier à ce propos.

 

Nathan Daligault