Terrorisme: pourquoi les attaques au couteau se multiplient depuis 2015

Le 20 juin au soir à Londres, après qu’un homme a tué trois personnes avec un couteau en plein centre ville. © Le Point

Le 20 juin au soir, une attaque au couteau à Londres a fait trois morts et trois blessés graves, en plein centre-ville. Depuis 2015, ce mode d’agression se généralise en Europe.

 

La crise sanitaire avait presque fait oublier que nos pays vivent toujours sous la menace terroriste. Elle s’est rappelée à notre bon souvenir samedi soir à Londres. En plein centre-ville londonien, un individu armé d’un couteau, dont les motivations restaient floues le lendemain de l’agression (NDLR : depuis les faits ont été qualifiés de terroristes), a tué trois personnes. Trois autres sont dans un état grave. Depuis 2015, ce type d’attentats se multiplie dans tous les pays d’Europe : 21 en France, six en Allemagne, huit en Angleterre, cinq en Belgique, trois aux Pays-Bas… La liste est longue de toutes les victimes décédées sous les coups de couteaux de terroristes islamiques. Contrairement aux attaques perpétrées avec des voitures béliers ou des kalachnikovs, ces attentats sont plutôt le fait d’individus isolés. L’organisation cruellement minutieuse a fait place à l’improvisation et aux couteaux de cuisine.

 

 

Appels récurrents de Daech à utiliser des armes blanches

Selon les chiffres du centre d’analyse du terrorisme, l’usage des armes blanches dans les attentats a augmenté depuis 2014. Utilisée dans plus d’une attaque sur dix en 2008, elles représentaient en 2017 plus d’un tiers des armes utilisées au sein de l’Union européenne. Lorsqu’ils agissent de façon isolée, les terroristes ne peuvent plus compter sur le soutien matériel de réseaux criminels et tuent avec ce qu’ils ont sous la main. Pour le président du centre d’analyse du terrorisme, Jean-Charles Brisard, interrogé par le Figaro Vox en 2018 un autre facteur tient aux appels récurrents des organisations djihadistes à utiliser ce type d’armes pour frapper nos pays : « Depuis septembre 2014, l’État Islamique a multiplié les appels en ce sens et l’expérience montre qu’ils ont une résonance importante chez les membres ou sympathisants de cette organisation ».

 

Moins coûteuse, cette autre forme d’action a « l’avantage » de maintenir une peur constante dans la population : comme ils ne demandent quasiment aucune préparation, ces attentats peuvent surgir à tout moment. Difficile pour les brigades anti-terroristes de les détecter à temps. « C’est le symptôme d’une idéologie qui est désormais durablement enracinée dans notre pays, qui compte plus de 20 000 individus inscrits au fichier des personnes signalées pour radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) dont 14 000 font l’objet d’un suivi », rappellait Jean-Charles Brisard en 2018 à nos confrères du Figaro Vox. Défait au Moyen-Orient, l’Etat Islamique n’a pas dit son dernier mot.

 

A. D.