Popularité : état de grâce pour Philippe, chute pour Macron

Le Premier ministre grimpe de 4 points dans un sondage Ifop publié dimanche 21 juin dans Le Journal du Dimanche, contre une baisse de 1 point pour le Président de la République.

 

La moitié de la population accorde désormais sa confiance au Premier ministre, résultat d’une popularité qui ne cesse de progresser depuis le début de la crise sanitaire.

La confiance qu’accordent les Français à Emmanuel Macron est en berne : 38 % des Français se disent satisfaits du président de la République (32 % « plutôt satisfaits »,   6 % « très satisfaits »). Cela demeure davantage que François Hollande (22 %) et Nicolas Sarkozy (34 %) au même stade de leurs mandats, mais la baisse du chef de l’État est continue (42 % fin avril et 39 % fin mai) depuis le bond de 11 points observé fin mars (43 % de satisfaits), conséquence probable de la crise sanitaire.

 

La chute la plus spectaculaire concerne les 18-24 ans. Le Président perd 14 points auprès de cette tranche de la population, passant de 59 % à 45 %. Pour le Journal du Dimanche, cet écart est notamment dû au décalage entre les manifestations contre le racisme et sa mise en garde contre le « séparatisme ».

 

Plus généralement, la gestion des masques et la sincérité de la parole présidentielle sont les motifs les plus soulevés par les sondés qui désavouent l’action du chef de l’État. Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop, précise que « rien de positif ne lui est attribué sur le déconfinement. »

 

Le discours moins martial et plus opérationnel d’Edouard Philippe tout au long de la crise sanitaire semble à l’inverse avoir davantage convaincu les Français. Les sondés ont justifié leur confiance en mettant en avant son « courage » et son « parler-vrai ».

 

La moitié des Français approuvent donc désormais l’action d’Edouard Philippe (41 % de « plutôt satisfaits », 9 % de « très satisfaits »), contre 46 % le mois dernier. A l’inverse d’Emmanuel Macron, la courbe du Premier ministre connaît une tendance ascendante constante depuis le début de l’épidémie.

 

Le bond est particulièrement frappant auprès des tranches de la population qui votent plutôt à droite (12 points chez les plus de 65 ans, 8 points chez les retraités et 7 points chez les sympathisants de droite). « Il est incontournable à droite, note Dabi. C’est la pierre angulaire de l’édifice macronien et du changement de base électorale qui a s’est produit pendant le quinquennat ».

 

Ce sondage vient confirmer une tendance déjà soulignée par un sondage BVA diffusé vendredi 19 juin. Avec 54 % d’opinions favorables, Édouard Philippe a gagné 13 points en deux mois selon cet institut et continue de creuser l’écart avec Emmanuel Macron, relégué 16 points derrière.

 

Lors d’un point presse de campagne pour les municipales au Havre, Edouard Philippe a relativisé ces résultats flatteurs, assurant prendre ses chiffres « avec beaucoup de distance » et affirmant que « la seule chose qui compte ce n’est pas les prédictions, les projections, les sondages, mais dimanche prochain, le vote. Le reste c’est de la spéculation. »

 

Frédéric Dabi y voit pour sa part « un tournant » : « Sauf en octobre 2018, jamais l’écart n’a jamais été aussi important. Philippe vit un petit état de grâce. » Alors que beaucoup s’attendent à un vaste remaniement au début de l’été, il sera sans doute difficile pour Emmanuel Macron de se séparer de son Premier ministre.