Coronavirus : Pandémie mondiale, discorde internationale

Depuis février 2020, le coronavirus frappe le monde entier. Parti de Wuhan, en Chine, le virus a conquis presque toute la surface du globe. Si la situation prête à l’unité et à la solidarité internationale, la réalité est toute autre. La pandémie distille la discorde et les rivalités entre Nations.

 

Lorsqu’il a dépassé les frontières chinoises, le virus s’est rapidement propagé sur tous les continents. L’Europe, puis les Etats-Unis, furent particulièrement touchés. La crise sanitaire est mondiale. Et bien qu’il soit recommandé aux Etats de fermer leurs frontières, la réponse doit, elle aussi, être mondiale. Face à l’ampleur du phénomène, un organisme comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est l’acteur majeur de la lutte contre la pandémie. Dans ce contexte, les Etats se garantissent mutuellement leur confiance. Les Etats-Unis félicitent d’abord la Chine pour sa bonne gestion de la crise. Ce virus, qui « n’a pas de frontières », soulève la nécessité d’une solidarité internationale.

Pourtant, très vite, la solidarité laisse place à des rivalités. En Chine, des masques commandés par la France sont rachetés sur un tarmac d’aéroport par les Américains, qui « sortent le cash » et surenchérissent pour les obtenir, selon le président de la région Paca et de l’Association des régions de France, Renaud Muselier. À Lyon, c’est la France qui intercepte quelques quatre millions de masques normalement destinés à l’Espagne et l’Italie. Des premières dissensions à l’origine de plus larges tensions.

 

Dissensions européennes

La solidarité « sans frontières » éclate au sein de l’Union Européenne. Dans l’organisation internationale, le covid-19 vient élargir un peu plus les fractures entre les Etats membres. Une Europe doublement coupée en deux. Par la répartition du virus d’abord, qui affecte principalement les Etats du sud, Espagne, Italie et France en particulier. Puis sur la réponse à adopter, puisque se dessine une opposition entre ces derniers et les Etats allemand, hollandais ou autrichien. Le conflit apparaît sur la question d’une aide financière des pays du nord à leurs voisins les plus touchés. La proposition de « Coronabonds » ne correspond pas à la volonté d’équilibre budgétaire de l’Allemagne ou des Pays-Bas. Le Premier ministre espagnol s’insurge. « C’est inacceptable », « Vous ne comprenez pas l’urgence dans laquelle nous sommes ? » demande-t-il à la chancelière allemande, avant de regretter le « minable égoïsme nationaliste » des Pays-Bas. Une critique qui est partagée par son voisin portugais qui lui parle de « mesquinerie courante des Hollandais ». Que ce soit entre les Etats ou contre la Commission européenne, l’Union européenne se heurte à de nombreuses tensions qui remettent en cause la solidarité internationale.

 

Une nouvelle fracture internationale

 Donald Trump avait vite manifesté sa méfiance envers la Chine et l’OMS dans leur gestion de la crise. L’annonce de la suspension de la part américaine au financement de l’organisation onusienne avait eu l’effet d’une consternation dans la communauté internationale. Pourtant, en quelques jours, plusieurs autres pays viennent se rallier à l’idée de lacunes chinoises dans les prémices de la pandémie. Désormais, la Grande-Bretagne mais également la France émettent de sérieux doutes sur la provenance du virus et son origine naturelle. Dans les accusations contre la Chine, qui aurait « fabriqué » ce virus, les Etats-Unis sont les plus virulents. Une rhétorique qui amplifie une fracture internationale déjà amorcée par la guerre commerciale. Alors que beaucoup voyaient dans le coronavirus la nécessité d’en finir avec les luttes inter-étatiques, la réalité laisse présager concurrence et rivalités au niveau mondial. En pleine discorde, face à toutes les accusations, la Chine en appelle à la « solidarité internationale ».

 

Nathan Daligault