Confinement des personnes âgées : la vieillesse est donc digne d’être vécue

Dans cette crise sanitaire, la santé a primé sur l’économie : le confinement vise à protéger d’abord les plus vulnérables, en l’occurrence les personnes âgées. A l’heure où l’euthanasie s’impose dans le débat public, la vie de nos aînés semble reprendre de la valeur.

Nombre d’articles se sont émus du drame qui se jouait dans les EHPAD : morts du coronavirus non comptabilisés, personnes âgées terriblement isolées, dépressions… Soudainement, la société ouvre les yeux sur la solitude de nos aînés, entassés dans des maisons lugubres et impersonnelles. Même le mot EHPAD est affreux. La crise du coronavirus a le mérite de braquer le projecteur sur un constat que chacun aura eu l’occasion de poser dans sa vie personnelle : la vieillesse n’est pas belle à voir, alors elle est confinée en dehors de nos maisons, en dehors des publicités, en dehors du monde des bien-portants. Et pourtant, lorsqu’un virus sournois s’annonce menaçant pour ces « vieux », c’est le confinement de tout un pays qui est décrété. Pour sauver les personnes vulnérables, c’est l’activité économique tout entière qui s’est arrêtée : la vie de nos aînés doit valoir bien cher pour justifier une telle mesure.

 

Protéger la vie à tout prix

Entre l’euthanasie et l’immunité collective existe supposément une différence de taille : le patient euthanasié « demande » à mourir quand le virus choisit ses victimes au hasard. Ce serait donc la liberté qui distinguerait ces deux formes de mort. Pourtant, les « vieux » n’ont pas choisi d’être confinés dans leur EHPAD puis dans leur seule chambre. Ils n’ont pas demandé d’être seuls pendant plusieurs semaines sans aucune autre activité que de manger. Peut-être certains préfèrent-ils prendre le risque d’attraper ce virus et passer leurs dernières semaines entourés par leur famille plutôt que cette solitude écrasante. En faisant ce choix, ils auraient exercé leur liberté, dans la dignité.

L’autorité publique a donc estimé qu’il était de son devoir de préserver coûte que coûte la vie de ces personnes. Même si ça devait coûter cher, même si certains devaient souffrir terriblement de leur isolement. Qu’il est surprenant de vouloir préserver ces vies, jugées pourtant insupportables par les militants du « droit à mourir ». Qu’il est touchant de voir fleurir toutes ces initiatives pour tenir compagnie à ces aînés cloîtrés dans leur maison de retraite. Qu’il est rassurant de constater notre instinct de survie, face à une culture de mort de plus en plus prégnante.

L’on a déjà beaucoup glosé sur le monde d’après. Ne croyons pas trop vite aux lendemains qui chantent. Mais notons tout de même que cette crise nous a fait redécouvrir la valeur d’une vie, même solitaire, même blessée, même ralentie. Réjouissons-nous aussi de revoir nos parents et grands-parents dès le 11 mai.